DINOS + REMY

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20h : ouverture des portes
20h30 : DINOS
21h45 : REMY

Tarif unique : PV 13€ - SP 16€ (hors frais de loc.)
Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans

Billetterie : http://web.digitick.com/remy-dinos-concert-le112-terville-25-janvier-2019-css5-billetteriele112-pg101-ri5809655.html

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DINOS (Fr)

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DINOS-©FIFOU

Bio DINOS (Fr) :

« Flashé » Nouveau single maintenant disponible en digital. Premier extrait du premier album de Dinos « Imany ».

Dinos fait son retour avec « Flashé » le premier extrait d’un album très attendu dont le titre « Imany » se chuchote déjà sur les réseaux sociaux. L’ancien Mc des battles Rap Contenders nous entraine dans un univers planant construit autour de l’instrumentale de Richie Beats (Booba, Nekfeu, Dosseh…) et des images qui se chevauchent entre rêve et réalité, une ambiance presque paranormale, des flows aériens portés par une mélodie aux allures de comptine.

Dinos évoque la célébrité, la concurrence des autres rappeurs ou encore la spiritualité, des thèmes qu’il rencontre au long d’un chemin interrompu par les flashes hypnotisant des paparazzis. En arrivant dans cette rue de Boulogne Billancourt, difficile d’imaginer que s’est déroulé ici l’enregistrement d’Imany. C’est pourtant là, derrière la porte de cet immeuble semblable à ceux avoisinants, au fond d’un des couloirs de l’immeuble, qu’a été produit le premier album de Dinos Punchlinovic. À croire que cette figure incontournable des premiers Rap Contenders n’aime rien faire comme les autres, ni bâcler son travail. Ce qui explique sans doute pourquoi le MC Parisien a souhaité prendre son temps pour mettre au point ce disque, vibrant, finement pensé et qui a l’intelligence de revisiter certains codes esthétiques des deux premiers EP’s (L’alchimiste en 2013, Apparences en 2014) pour mieux s’en extraire et proposer une formule relativement neuve.

Le changement de pseudo (exit la mention « Punchlinovic », « trop ringarde », plaisante-t-il) est en cela déjà un signe fort, mais il y a encore mieux : le minimalisme des paroles, plus épurées que par le passé, ou encore la diversité des productions, tour à tour hypnotiques ou mélancoliques, nerveuses ou introspectives. Recentrés autour de quatre thèmes forts (amour, réussite, regret, argent), les titres transpirent ainsi la minutie, le sens du détail d’un rappeur qui n’a jamais cessé de chercher à repousser ses limites ces trois dernières années. En studio, l’air décontracté, Dinos se veut d’ailleurs très clair : « « Imany » signifie « la foi » en swahili et c’est un mot important pour moi, dans le sens où l’album a été très long à enregistrer.

Il y a eu plusieurs versions ces deux ou trois dernières années, mais je n’ai jamais perdu la foi. Avec mon manager Oumar Samaké, avec qui j’ai vraiment réalisé cet album, on a toujours souhaité repousser les limites, sans jamais douter. » À l’écoute d’Imany, il convient donc d’oublier une bonne partie de ce que l’on connaissait au sujet de Dinos. Tendre une oreille à « Argentic », « Iceberg Slim », « Flashé » ou encore « Bloody Mary », c’est en effet découvrir un homme nouveau, perpétuellement à l’affut d’une trouvaille mélodique (« si je ne suis pas dans la créativité, mon cerveau meurt »), un rappeur libre, complètement réinventé, qui fiche de jouer au gangster, au MC conscient ou au poète, un artiste qui n’a « pas forcément cherché à faire des morceaux rap, mais un maximum de chansons que l’on puisse encore écouter dans plusieurs années. L’idée, c’était d’être en phase avec l’époque sans pour autant coller à la tendance. » Lorsque Dinos prononce ces mots, un mélange de sincérité et de fierté se lit sur son visage. On le comprend, tant cette ambition fait d’Imany un disque marquant, porté par des collaborations de prestige (Joke, Youssoupha), des productions signées Still Nas ou Richie Beats qui forcent la cohérence globale de l’album, et un regard personnel qui met tout en relief : les ruptures amoureuses (« Helsinki », écrit il y a trois ans), la volonté de heurter l’intime (« Aucun Souvenir »), l’egotrip (« Iceberg Slim »), la négritude (« Les Pleurs du Mal », conclut par un discours de Youssou N’Dour) et la science du tube, singulier et efficace (« Havana & Malibu »).

C’est dire la profondeur et la richesse d’Imany, qui indique la direction qu’entend désormais prendre son auteur, un œil sur le présent, l’autre dans le futur.

REMY (Fr)

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REMY-©FIFOU

Bio REMY (Fr) :

“C’est vrai, mon nom, il marque une différence. Et ça, j’aime bien. Quand je pense à mon nom dans le rap, je me dis que l’habit ne fait pas le moine. Les gens, ils vont voir Rémy, 93, Auber, cité, ils vont se dire que ça colle pas, que c’est un mytho et puis ils vont appuyer sur le bouton et là… Ils vont voir que ça ment pas (rires).”

Un nom prénom, une jeunesse les poches vides, à Aubervilliers, cité La Frette. Un daron ouvrier à la chaîne et une maman gardienne d’immeuble. Rémy a vingt à peine. Il rappe la vie, celle qui respire encore, malgré la galère, le béton cannibale, l’horizon saturé. Il rappe le passé, aujourd’hui et demain, sa maman et la rue, les paradoxes et les espoirs. Il rappe moins pour briller que pour s’élever. Il n’est pas là pour valider les raccourcis trompeurs qui dessinent depuis trente ans un ghetto autant géographique, physique que mental. Il est là pour raconter l’existence d’un jeune de France qui sait, depuis longtemps déjà, que l’homme vit et meurt seul et que le destin ne fait pas de prisonnier, qu’il faut le saisir sans jamais lâcher.

Son premier album, chez Def Jam, “C’est Rémy”, n’est pas un énième disque de rap hexagonal, viril et menaçant, ego trip et kalash sur la banquette arrière. Non. Ici, bien sûr, rien n’est figé, tout est possible, les couleurs se mêlent, on passe de la mélancolie à la colère, du soleil à la grisaille, de l’intérieur à l’extérieur. On vit et on avance, coûte que coûte. Sans jamais juger ni oublier. Rémy n’ignore pas que l’espoir est cette chose fragile, capricieuse et il écrit, seul, dans sa chambre, pour grandir, comprendre, avancer, oui. De sa fenêtre, il voit le monde. Celui qui existe et celui qu’il devine, au fond de ses entrailles.

La musique croise sa route très vite. Il n’a pas dix ans et écrit son premier texte, sans même peut-être savoir qu’il fait déjà du rap. Un meilleur ami qui a un grand frère qui écoute en boucles du rap. Voilà. Le choix est fait. L’école, pas son truc, il abandonne. Il n’a plus de filet, il va devoir écrire, encore et encore. Passer derrière un micro et accepter le vertige de l’inconnu. “Demain, si le rap, c’est mort pour moi, c’est direct la rue parce que je ne sais rien faire d’autre. Moi, je ne me vois pas me lever tous les matins à 7 heures pour faire quelque chose que je n’aime pas. Comme beaucoup beaucoup de gens. J’ai arrêté l’école pour le rap. Et si ça n’avance pas, je suis mort en vrai… Je pense que de base, le rap, c’est fait pour transmettre un message. Pour moi, c’est très important que les gens ressentent ce que je dis. Le rap, c’est là pour faire passer une émotion. Moi, je ne fais pas du rap pour faire de l’argent, mais pour que les gens me disent qu’ils se retrouvent dans mes textes, qu’ils ressentent ce que je ressens. Et quand ça arrive, ça me fait super plaisir et c’est là que tu vois qu’on est tous pareils en fait…”. Il a ça en lui, Rémy. Cette capacité à n’exclure personne.

Son flow est limpide, précis, il dégaine des images saisissantes, des instants de vie où les sentiments ne trichent jamais. Il rappe presque plus comme un Américain, il a compris la force des mots quand ils sont choisis avec le coeur et les tripes. Il ne faut pas lui dire qu’il sonne à l’ancienne, même si c’est un compliment. Il ne veut pas être étiqueté. Il a raison.

Plus on écoute son disque et plus on comprend que Rémy est un homme capable de dépasser les évidences. Il ne se contente pas de dire, il tend une main, allume un projecteur pour mieux incarner les ombres de la vie. L’injustice est son ennemie. L’injustice sous toutes ses formes, avec ou sans gyrophare, avec ou sans précarité… Rémy le dit, il n’est pas un militant, il n’est pas là pour faire le travail de l’état ou des associations, il est un artiste.

Si Rémy n’a pas souhaité multiplier les featurings sur cet album sans concession, ce n’est pas par peur de se faire voler la vedette. Vraiment pas. Il lui fallait monter au front d’abord en solo, ne pas se cacher, préférer la sueur à la gloire, les larmes au buzz, le courage aux nombres de clics. Comme il a bien fait. Et puis, sur deux titres, il y a quand même Mac Tyer, son grand frère, son ami, son manager, son producteur. Rémy n’a pas les paroles de son âge. On sent, très vite, qu’il a déchiré le voile de la naïveté avant même de noircir ses cahiers de textes incandescents : “D’où me vient cette maturité ? Je ne sais pas, même moi je me demande (rires). Tout le monde a des problèmes de famille, des problèmes dans la rue. Je pense que c’est tout ce que tu dois affronter dans ta vie qui te renforce. J’ai très vite capté qu’enfant, on est tout seul, même si ton père, ta mère sont là, tu es tout seul. Tous les jours, par exemple, ta famille peut te dire d’aller trouver un travail mais si toi, tu ne veux pas, tu ne vas jamais aller le chercher, le travail. Moi, j’ai su très tôt que je devrais me battre pour obtenir ce que je voulais… J’ai envie d’apprendre. J’ai compris que le savoir était une arme. Il faut être ouvert d’esprit, il faut avoir envie de comprendre les choses. Si tu ne t’enrichis pas intellectuellement, tu ne peux pas parler avec n’importe qui. Je fais beaucoup de choses pour m’enrichir un peu, dans les poches et dans la tête (rires).”

Quand on lui demande comment il définirait son style, Rémy évoque avant tout la mélancolie et c’est une certitude qu’il n’en manque pas. Et puis, il n’y a pas que ça. Ambiance, old school, ego trip, été et hiver, amour et rage, Rémy brasse large sans jamais se perdre. Surtout, il dégage une force presque viscérale. Chaque mot fait mouche parce que chaque mot, ici, a été choisi consciemment, ardemment. Et puis, chez lui, même quand la tristesse semble l’emporter, une lumière pointe : “J’aime bien toujours lâcher une phrase pour dire qu’il faut se relever, que ce n’est pas fini, qu’on n’est pas obligé de tomber. Moi, je ne rappe pas pour m’enfoncer. Je peux être parfois dans le paradoxe mais comme tout le monde en fait. Mais au final, je ne veux pas effacer l’espoir.” Sur ce disque fier et ouvert, lucide et habité, il y a des titres comme “Rappelle Toi”, qui replonge dans le passé, dans les souvenirs, dans la cité, sans fard, nostalgie de cristal, “Du Haut de ma Tour”, quand le ciel refuse de s’ouvrir et que les HLM se muent en phares abandonnés, “Bandits”, plus énervé, à l’orage noir, à la rue vibrante et sans concession, “Pas Besoin” et son piano de pluie, où Rémy chante que tout l’argent du monde ne pourra jamais acheter le sourire d’une mère, “Ne Me Quitte Pas”, encore une chanson pour celle qui l’a mis au monde, “Memento Mori”, avec Mac Tyer, est à la fois énorme et touchant et encore “Dans le Banks”, un titre très fédérateur, qui a de quoi faire danser les corps comme les âmes, Rémy n’oubliant jamais de croiser forme et fond, surface et profondeur. C’est Rémy et c’est brûlant.