CATHERINE RINGER chante les RITA MITSOUKO

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CATHERINE RINGER chante les RITA MITSOUKO (Fr)

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©Jean-Baptiste Mondino

Infos CATHERINE RINGER chante les RITA MITSOUKO (Fr) :

Les RITA MITSOUKO, ça a toujours été un peu - et jusqu’à infiniment, parfois - plus, que Fred Chichin et Catherine Ringer. Ne serait-ce qu’à cause des paroles, de la musique, de toutes ces formidables émotions, de toutes ces éclaboussures d’images. De leur âpre liberté, de leur fol imaginaire.

Bien sur, et ça pèse lourd depuis que Fred les/nous a quittés, les RITA, le groupe ou le duo, étaient uniques : en tant qu’artistes, que puissance créatrice à double détente, tant chez eux en France, que dans ce vaste monde de la création tous azimuts qu’ils désiraient si fort embras(s)er.

Mais évidemment aussi, et ça irradiait d’eux de partout, les MITSOUKO étaient, en eux-mêmes comme dans leurs visions tellement variées, acérées, l’incarnation de la notion de multiple : multiples d’eux confrontés, multiples de deux aux yeux d’un public éveillé par la curiosité, activé par l’amour ; multiples par les talents qu’ils ont dû creuser dur et profond en eux deux et alentour pour les extraire et mettre à jour, en pure veine de « cool frénésie » dans les meilleurs moments, et toujours au moyen d’une bonne dose de « système D » très, très double perso. Tant il est vrai de vrai, pour eux, comme pour tant de ceux (et celles !..) qu’ils aiment et admirent, que le talent, tel l’amour, « c’est du taf et ça s’travaille… » (« Chères Petites » chanson féministe tout en finesse et anti-conte fort utile à l’usage, album Système D, 1993)

On le sait, leur légende s’en est assez fait l’écho en chorale, Fred et Catherine se sont rencontrés en 1979, sur le plateau d’une pièce de théâtre alors dit d’avant-garde : elle y jouait un rôle important, il devait y jouer de la musique ; ils sont tombés nez à nez l’un sur l’autre…et sur un destin en paire pas commun, oh non ! Certes, chacun avait pas mal bourlingué de son côté, mais bon, ils étaient incroyablement beaux, chacun dans son genre bien affirmé, de caractères plutôt rudement trempés, frais comme deux roses échappées de la zone parisienne, moues nature mi punk sauce ravigote, mi zazou à la Doisneau. Et tandis que Fred, au fond, ne jurait que par les Beatles tendance George Harrison le Ténébreux à la guitare ligne claire, ou les Stones période dandies garage des sixties, Catherine, elle, rêvait de Bowie, d’Iggy, du Velvet englouti, mais tout autant des chanteuses réalistes d’avant-guerre, de celles, surréalistes, d’après ( toujours la !..)-guerre, ou bien encore de la sublime et éternelle Diva du Caire, Oum Khalsoum – quand on peut se le permettre, là, en direct, au chant comme à quelques instruments d’abord sévèrement triturés, pourquoi se priver ?

Nés d’un intense mélange des genres et d’un robuste kamasutra de styles, LES RITA MITSOUKO ont, d’un coup d’un seul, souffert et bénéficié de leur environnement dans l’espace/temps franco-musical du début des années 80 : en dehors d’une poignée de rockers locaux plutôt courageux et d’artistes « new-wave » déjà astucieux, c’était, comme disait Coluche, une sorte de désert ! Donc tout y restait à inventer, ou presque : en 1981 et en politique générale, un certain Mitterrand s’y est collé, d’abord en majesté, et puis ça s’est détricoté… Mais en 1982, en un étrange cocktail d’art brut et de chanson pop, les RITA ont foncé têtes baissées par la fenêtre entrouverte, et si ça n’a pas fait mouche dès les premiers singles de cette année-là, un peu plus tard, avec « Marcia Baïla », on peut dire que ça l’a fait, oh oui, dans les grandes largeurs, en toutes audaces ( le sujet, son traitement osé ) et en toute beauté (mélodie gourmandissime, total panache des images). Un de ces succès raz-de-marée qui vous propulsent, sans escale, un artiste du quasi néant vers la stratosphère ! Et comme ils étaient deux, et ces deux là précisément, au lieu de s’étouffer de vaine gloire avec, ils s’en sont fait un talisman, un pacte entre eux et leur pratique de l’art, une perspective que le plus vaste public de 1984/85 reçut d’emblée comme une promesse tenable parce que dessus, d’abord, on y pouvait danser… et fallait voir un peu avec qui ?... Deux visages, deux silhouettes, une allure et une voix qu’on serait fier(e)s, longtemps, à notre tour, d’aimer et d’admirer…

La suite, on la sait aussi : ces sept albums orageux, gouleyants, charnus, sexy et tempétueux qui n’ont pas que, sur les bords ni du bout des doigts, contribué à complétement bouleverser la, ou mieux les, musiques charriées et réinventées par içi, qu’elle trouvent leurs sources premières chez James Brown, Prince ou Funkadelic, quelque-part sous les sables d’Afrique ou d’ailleurs, ou encore, et pourquoi pas, sous nos vieux pieds d’ici prompts à la rage comme à l’étreinte, et en même temps à la rengaine, celles qui font bouillir les artères ?!

Car si les manières, mœurs, colères et songes fécondés sur cette antique terre de France ont connu force regains, coups de sang et de boutoir heureux ou malheureux ces trois avant-dernières décennies, c’est, notamment, aux accents du fougueux et décapant The No Comprendo (1987), aux splendeurs à dents de requin de Marc & Robert (1988), aux fééries lunaires et abrasives du si bien nommé Système D. (1993), à la Cool Frénésie (2000) et son cortège de ballades vibrionnantes, aux volutes et créatures fantastiques de La Femme Trombone (2002), aux charmes insolites, abruptes et troublants de Variéty (2007), couronnés de l’Oeil qui devine, et ponctués par « Même Si », complainte douce et ultime, comme un point en suspension au delà des RITA MITSOUKO et de leurs aventures soniques et visuelles, si denses en tumultes sensuels et autres substances organiques roboratives tellement en avance sur leurs temps que, désormais, ils peuvent les laisser inspirer nos ondes de joie prochaines et savantes méditations futures avec un zest de grâce confiante - et une belle marge…

Fred Chichin est mort le 28 novembre 2007, ce triste jour mettant un terme précoce à la féconde période créatrice des RITA MITSOUKO, ainsi qu’à la triomphale tournée alors en cours. Catherine Ringer a continué de les chanter jusqu’à la fin de cette tournée si cruellement amputée, comme elle l’était elle-même. Elle tenait à honorer un engagement. Toujours le même. Cette promesse que les RITA MITSOUKO ont une vie propre. Leur œuvre, une vie sensible qui leur ressemble, les prolonge, les dépasse de son souffle de braise : ces bacchanales de hits inouïs autant qu’inimitables ( la marque des grands, leurs pairs !..), lovées ici sur le velours profond d’autres chefs d’œuvres moins balisés. Que voici, de nouveau et frottés dernier cri, à portée des sens en émoi d’au moins trois générations, maintenant : les deux d’avant et la première de celles d’après…

Car nos RITA n’ont tout de même pas, entre mille et un prodiges foutralement tubesques et combien de preux feux d’artifices sur scène, inventé le multimédia à la disposition de tous, accouplé et fertilisé chanson française et pop internationale, ainsi que, accessoirement, sauvé les années 80 par magie en tornades - et les suivantes par surcroît d’envoûtement !..- pour qu’on se contente, à présent, de les pleurer : c’est pas leur truc, mais alors pas du tout, aux MITSOUKO…

L’esquisse furtive d’un pas de danse, l’amorce d’un foutu tintamarre, un baiser de mousson, un refrain qui vous mord en férocité rieuse, et voilà que ça vous re-saute aux tripes, à la gorge, au cerveau…Comme…

Comprendo ??....

François Ducray